lundi, 06 novembre 2006
masque
j'avais déja décidé de quitter ma sphère éthylique pour quelques bulles de champagne, de voir autre chose, d'autres gens, d'autres sensations. Mais rien ne sert d'aller à la rencontre de milliers de gens nouveaux, de sensations neuves, tant qu'on ne s'est pas rencontré soi-même, senti véritablement.
C'est de ma sphère que j'ai décidé de sortir. Mais cet enclos ne se brisera pas comme éclate une bulle de savon, il faudra sauter par-desus la barrière, comme un voleur, car c'est cette prison qui a volé qui je suis.
Ca n'est pas un combat contre moi-même, car ce masque ça n'est pas moi, c'est une défense, et elle n'a de raison d'être que si elle a toujours en face son ennemi, à savoir la souffrance insensée, or aujourd'hui quand je souffre, je sais pourquoi.
22:52 Publié dans écrits | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : alcool, nouveauté, sensation, soi-même, sphère, bulle, souffrance
vendredi, 03 novembre 2006
Aujourd'hui j'ai décidé que
ma vie allait changer. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais il sufit d'y croire de le savoir. Ma vie va changer et ces mots en sont les premiers témoins : avant je ne décidais pas. Je laisse derrière moi mon adolescence mes conneries, mes larmes, mes secrets. Tout est possible et c'est moi qui l'ai décidé.
J'ai pris cette décision en allant uriner tout à l'heure : j'ai constaté une lésion épidermique bénine mais néanmoins anormale sur mon sexe, et me suis dit que cela était fort étrange vu l'inutilité croissante du sus-nommé. Puis une deuxième réflexion m'a conduit à penser que le plus anormal, c'était justement qu'il ne servait à rien.
23:40 Publié dans écrits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 30 septembre 2006
même les plus profondes
Même les plus profondes entailles que j'ai jamais pu parvenir à tracer n'étaient pas aussi béantes que celle qui venait de se dessiner sur mon bras. Stupéfaction. Emerveillement. Tout est venu sans que j'y reflechisse. Tout était si spontané, si direct, si instinctif. Rien de planifié, rien de net, tout était là sous mes yeux, j'étais le spectateur de mes propres actes. Schizophrène? Peu importe, si c'était vrai, je ne pourais même pas m'en rendre compte. Pendant ce temps le sang coulait à flots sur le lit qui avait déja pris pas mal subit il y a deux ans. C'est précisément à ce moment là ou deux heures aprés que mon estomac décida de me porter jusqu'aux eaux closes pour y déverser mon 15 heures. Ensuite, le vide, béant, s'étendit sur ma mémoire. De toute façon, il fallait bien quelques décilitres de gin et une tablette d'anti épileptiques pour éponger la désillusion d'un énième torrent d'espoir. Non ?
P.S. : j'ai pris la résolution de ne plus tomber amoureux au moindre sourire qu'une fille me destine.
00:10 Publié dans écrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 20 septembre 2006
cicatrices
Les cicatrices du passé sont toujours là. Combien de temps? deux jours, deux semaines, deux mois? non. Ca fait deja deux ans, le 30 septembre, morbide comme anniversaire. Pour me remémorer ces beaux moments, je me soulerai au gin pur dans un grand verre de bacardi, je m'allongerai sur mon lit, éteindrai les lumières, je prendrai mes lames, mon rasoir, mon cutter, j'irai même jusqu'à mimer les faits. L'acharnement au rasoir sur ce pauvre avant bras qui n'en demandait pas tant pour déverser son sang, les grandes entailles au cutter allant du torse jusqu'au ventre, les coups de rasoir un peu partout qui giclaient le sang sur les murs, et le sol, et les draps. C'est sur les draps que mon père a capté quelque chose quand il est entré pour me dire d'aller manger, les draps étaient blancs.
Et puis les pompiers dans le samu me regardaient avec consternement, disant que c'était dommage des jeunes comme moi qui se suicident, qu'ils en voyaient souvent, le plus anciens disait même qu'il en voyait de plus en plus. Ils n'étaient peut-être pas loin de m'expliquer que c'était à cause de gens comme moi que le soir ils buvaient trop de bières et ne touchaient plus leur femme. J'ai voulu m'enfuir du samu, me jetter sur la route pour qu'une voiture finisse le travail, mais ils voulaient pas, égoïstes, ils pensent qu'à et leurs bières et leur femme. Et même, ils épongeaient le sang qui coulait encore, et mettaient des compresses pour que ça coule moins. Et même une fois arrivé aux urgences, qui manque de chance n'étaient pas saturées, l'infirmière me dit que si je me penchait trop au dessus de la barrière comme je le faisait je risquais de tomber et d'arracher la perfusion. Oui, aux urgences, les lits pour les suicidés ont des barrières.
Quand je suis reparti, trois ou quatre heures aprés, avec mon père et des couvre chaussures au pieds (il m'avaient embarqués pieds nus !), je riais. Bon normal vu la quantité d'alcool absorbé, mais quand même, je riais. Je me suicide, puis quelques heures aprés j'en ris. Aujourd'hui c'est pareil, je me suicide maints et maints fois sans succés, et deux ans aprés j'en ris toujours plus. Mais les problèmes ne se résolvent pas en riant. Aujourd'hui, je n'ai toujours pas l'impression que ça valait le coup de me battre autant pour mieux vivre, ou plutôt moins mourir. Ca n'a servi qu'à réaliser que c'était à ce moment là ou jamais qu'il fallait en finir. Aujourd'hui, je serais incapable de recommencer. Je ne ferais que me remémorer ces instants, essayer de saisir ce qui m'a poussé, et ce qui m'a retenu de sauter. J'espère que les cicatrices se referment un jour.
19:55 Publié dans écrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cicatrices, suicide, sang, passé
lundi, 18 septembre 2006
se referment.
Se referment sur moi ses mains toujours plus violentes, ne laissant aucune seconde de répit à ses attaques. Se vident mes yeux d'eau sur le carrelage et la tapisserie verte du couloir étroit. Il fait noir. Et même fermés, ses yeux sont bleus, plein d'électricité à travers ses paupières. Les murs sonnent quand on y lance la tête d'un gosse de six ans, violemment. On oublie vite, quand on a six ans. Même les murs qui se rapprochent à grande vitesses avant de stopper ma tête. On les cache les bosses et les maux de tête, les larmes. On a même honte. A 19 ans on se souvient, on nourrit la haine et la peur qu'il redéconne un jour, emportant dans sa tempète d'autres innocents. On se souvient des vrais étoiles quand elles éclosent lumineuses sur la toile vide et noire du choc. Des roses, des jaunes, des vertes, des gris éclair, des bleus orage, des rouges sang.
Mes mains à moi, ne frapperont jamais un enfant, ne frapperont jamais. Elles ne frappent que les cordes des guitares ou les touches du piano.
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